Ca ne change pas grand chose dans les faits puisque quasiment aucune TVR n'est fabriqué en série depuis 2006. Cependant la marque n'est pas morte, elle existe toujours c'est la fabrication de voitures qui est définitivement arrêté pour le moment, ça peut avoir son importance dans le futur. Sinon je vous rejoins sur le fait que TVR aura plus ou moins la même trajectoire que Triumph, MG ou Austin Healey
Les raisons du déclin des TVRs sont multiples, je ne pense pas personnellement que ça soit lié au design des voitures (je n'apprécie pas la Tuscan mais j'adore la Sagaris). Il faut cherche ailleurs les raisons. Le principal responsable de ce déclin est aussi le principal responsable du renouveau de TVR au début des années 80 : Peter Wheeler !!!!
Très clairement les choix stratégiques qu'il a fait aux débuts des années 80 se sont avérés payants (V8 Rover, production exclusive de cabriolets, introduction d'un véhicule bas de gamme avec la série S, Tuscan Challenge,...) tout cela couplé avec un design renouvelé et très apprécié à l'époque (Griffith et Chimaera). Par contre le monsieur possède un côté mégalomane qui a clairement porté préjudice à la marque à partir de la fin des années 90 :
- Le développement de moteur maison : compte-tenu du coût que représente le développement d'un moteur, de surcroit un moteur de haute performance, autant imaginé tout de suite ce que représente le coût de 3 moteurs (6 en ligne, V8 et V12), ce dernier d'ailleurs qui n'a jamais été terminé en terme de développement, imaginé pour l'endurance et qui n'a jamais pris part à une seule course d'endurance puisque la réglementation a changé entre temps. De plus ces moteurs ont été développé uniquement pour respecter la réglementation anglaise et pas celle de l'Europe, ce qui représente déjà un frein à l'exportation. Si a cela on rajoute tous les problèmes liés à la fiabilisation du principal moteur destiné à la production des voitures, le Speed6, et le nombre de version de ce moteur, ça n'arrange rien.
- L'explosion de la gamme : TVR dans les années 90 avait une gamme de produit tout à fait cohérente par rapport à son image de marque, son savoir faire et ses moyens financiers avec un cabriolet haute performance (Griffith 500), un cabriolet homogène pour un marché de masse (Chimaera) et un coupé 2+2 haute performance (Cerbera). A partir du début des années 2000, la gamme de TVRs a explosé puisqu'à un moment on s'est retrouvé avec pas moins de 5 exemplaires : Tuscan, Tamora, T350, Sagaris, Cerbera avec un découpage des plus incohérents. De plus TVR développait en parallèle les Tuscan R (T400, T440 et Typhon) et la Speed 12, autant dire qu'il y avait trop de modèles. De plus le remplacement de la Chimaera n'a jamais été clair, puisque la Tuscan n'est pas un vrai cabriolet et que les 2 modèles ont été en production pendant plusieurs années en même temps, ceci est clairement une erreur quand on sait que plus de 5500 Chimaera ont été produites (ce qui est la TVR la produite de tous le temps et de très loin devant tous les autres modèles).
- La concentration sur le marché anglais : Si dans les années 80 et 90, c'est clairement le marché anglais qui a permis à TVR d'écouler ces voitures, quand on atteint une certaine taille critique (plus de 1000 voitures fabriqués par an) on ne pas se contenter de rester sur un et un seul marché pour continuer à se développer, surtout anglais, car celui-ci, même s'il est important, a aussi une taille maximale en terme de véhicule sportif acheté par an. Peter Wheeler a toujours dit qu'il exportait des TVRs mais dans le Sud Ouest de Londres!!! Au delà de l'humour très britannique, cette vision est très restrictive. Évidement TVR a essayé d'exporter ces voitures, tout d'abord par le biais des différents importateurs présent en Europe Continental et aussi par l'ouverture d'une usine en Malaisie pour le marché asiatique et celui de la péninsule arabe, mais les volumes de véhicules vendus hors UK n'ont jamais été suffisant. Surtout TVR n'a pas fait les efforts nécessaires pour revenir sur le marché américain qui était de loin le marché le plus important pour des véhicules sportifs. A cela il y a plusieurs raisons, tout d'abord un certain ras le bol de Peter Wheeler avec l'administration américaine et les représentants de la marque outre atlantique qui ont mis pas mal de bâtons dans les roues. Et pourtant Peter Wheeler s'est pas mal battu pour essayer de relancer ce marché quand il a pris la tête de TVR mais il a fini par laisser tomber. Une autre raison est aussi le fait que le V8 Rover n'a jamais respecté la réglementation US en terme de pollution.
- La non prise en compte de l'arrivée de l'électronique : TVR est reconnu comme un constructeur de sportive sans assistance accessible, si on a l'ambition de maintenir un volume élevé de production on ne peut pas rester cantonner sur ce marché. On est dans l'obligation de commencer à produire des sportives dite "civilisé", c'est ce qu'ont fait des constructeurs comme Ferrari, Lamborghini, Maserati ou d'élargir la gamme vers des véhicules non sportif comme l'ont fait Porsche, Aston Martin ou encore Jaguar avec des moteurs diesel. A l'inverse si on souhaite souhaite conserver son image de marque, il faut accepter que les volumes de production soient faibles comme par exemple Morgan, Pagani ou encore Ginetta avec un positionnement soit très artisanale en cultivant le passé (Morgan, Ginetta) soit un positionnement très haut de gamme (Pagani, Bugatti) et il faut donc s'organiser en conséquence.
Pour ma part Peter Wheeler est le principal responsable, cependant son successeur a aussi sa part de responsabilité, tout particulièrement dans le fait qu'il n'y a jamais eu clairement de volonté de relancer la marque et par des montages juridiques tous plus bizarres les uns que les autres (mise en liquidation et rachat de 2006 - 2007). Il y avait clairement la place pour faire quelque chose comme le montre le succès de TVR Power ou encore celui de Ginetta (le propriétaire actuel de Ginetta s'était positionné pour racheter TVR en 2007). De plus même si le russe a de l'argent il n'a pas autant de moyen que les grands groupes automobiles qui sont propriétaire de marque sportive : Fiat avec Ferrari et Maserati ou VAG avec Lamborghini. Il est clair que cela n'aide pas mais pour moi c'est avant tout le bonhomme qui est à la tête qui fait la différence s'il y a de l'argent c'est encore mieux.
gibus3579 a écrit :Pour nous remonter le morale, notre malheureux anglais qui a cassé sa Griffith au Mans, a donné des copies d'émission dédié à TVR à notre ami Jean-Michel.
sur la plus longue, on y voit les interview de Trevor Wilkinson, Martin Lilley et Peter Wheeler.
Malheureusement, il va falloir attendre que j'ai(enfin) internet et c'est pas gagné au dire du technicien venu ce matin

Je suis très intéressé par ces vidéos
